David Halperin : Cent ans d'homosexualité

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Isabelle Châtelet.Janvier 2000.317 p. 22 €.   Nos catégories modernes échouent à rendre compte de la vie érotique dans la Grèce ancienne : c’est que l’« homosexualité », l’« hétérosexualité » et même la « sexualité » sont des inventions récentes, les produits d’une construction culturelle loin d’être universelle et dégagée des processus historiques.Prenant la suite des questions soulevées par l’enquête de Michel Foucault sur l’histoire de la sexualité, David Halperin entreprend donc sans détours d’étudier à nouveaux frais certains aspects de l’érotique masculine dans le monde grec antique. Comment et dans quels termes l’expérience érotique s’est-elle constituée ? Comment se distinguait-elle des autres expériences et quelles en furent les frontières ? Les plaisirs sexuels avaient-ils une forme différente pour les différents membres de la société ? Comment la constitution des sujets sexuels était-elle liée à celles d’autres formes sociales ? de pouvoir ? de savoir ?En comparant les figures mythiques de l’amitié masculine, en analysant l’équivalence entre prostitution et incapacité politique dans l’Athènes classique, ou encore la définition de l’identité de Diotime, seul personnage féminin du Banquet de Platon, David Halperin déplace la perspective ordinaire des études sur la paiderastia qui la confondaient jusque-là avec « l’amour grec » tout entier.Il prouve ainsi qu’interroger autrement les discours que les anciens Grecs tiennent sur l’erôs et l’expérience qu’ils en ont transformé les idées que nous nous faisons sur le sexe et sur notre propre culture.